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Articles avec #histoire du fouta tag

Le musée du Fouta de Labé

Publié le par fouta-decouverte

Je partage avec vous l'article de Alimou Sow sur le musée du Fouta à Labé, une structure qui mériterait d'être mieux mise en valeur et enrichie.

Cet article au moins contribue à la faire connaitre.

Merci Alimou.

Un endroit à visiter si vous êtes dans la région.

A défaut de pouvoir faire des photos de l'intérieure du musée, voici une photo de sa fondatrice (à droite sur la photo), Madame Zénab Koumanthio Diallo : un exemple à suivre.

 

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Histoire du "Chargeur" à Dalaba

Publié le par fouta-decouverte

L'origine de l'appellation "Quartier du Chargeur" couramment utilisée aujourd'hui est liée à la présence de la société des Chargeurs Réunis (société commerciale maritime française) dans ce quartier à partir du milieu des années 30. C'est en effet dans cette période que ladite société a pris en charge la gestion de l'unique hôtel construit en 1936 par l'Administration coloniale : l'hôtel dit des Chargeurs. Constitué au départ d'un seul bâtiment entouré de cases, il a par la suite évolué avec la construction d'un deuxième bâtiment et même d'une piscine "naturelle".

      Hôtel des Chargeurs
Hôtel des Chargeurs

A sa création, cet hôtel accueillait notamment les marins de la société des Chargeurs mais aussi d'autres européens présents en Afrique de l'Ouest, qui trouvaient à Dalaba un climat et un cadre idéal pour le repos.

Après une vingtaine d'année de gestion plus ou moins chaotique notamment pendant la 2ème guerre mondiale, l'hôtel des Chargeurs, renommé hôtel du Fouta Djalon, est nationalisé par l'Etat guinéen à l'indépendance. Il devient l'hôtel national de Dalaba. Il finira par faire faillite dans les années 80 après quelques années compliquées.

Après plusieurs tentatives de reprises par des opérateurs privés, l'année 1995 voit enfin un entrepreneur guinéen, Mr Bah, reprendre l’hôtel, qui devient SIB hôtel. Les 2 bâtiments principaux font alors l'objet d’une rénovation totale. L'hôtel est actuellement toujours géré par les héritiers de Mr Bah.

Avant de s’appeler le “Chargeur”, ce quartier était dénommé “Etaconval”, condensé d’ETAblissement des CONVALescents. En effet ce quartier fut pendant plusieurs années (à partir des années 40) un lieu réservé d'une part à l’accueil des malades et des convalescents venant de Conakry, et d'autres pays limitrophes et d'autre part aux militaires. Ce fut principalement le cas vers la fin de la deuxième guerre mondiale.

Le Fouta, et plus particulièrement Dalaba, fut choisi du fait de son climat et de sa géographie pour créer ce centre d’accueil pour les convalescents des colonies. Il sera opérationnel, au moins partiellement, au début des années 40. Son activité se poursuivra durant l'après-guerre. De nombreux bâtiments furent donc construits dans l'urgence vers les années 1942-1944, puis rénovés ou remplacés à la fin des années 40.

       Ancienne villa de l'Etaconval
Ancienne villa de l'Etaconval

Chacune des maisons construites à cette époque avait semble-t-il un nom (Plein-Midi, Sisal, Bougainvillier, ...) et pouvait être occupée soit par un couple avec ou sans enfants, soit par des célibataires (d'où des plans d'aménagement différents). Toutes avaient une cheminée, disposaient de l'eau courante (grâce à une adduction d'eau qui existait alors) et de l'électricité (grâce à un groupe). Un gardien était affecté à chaque logement et un personnel nombreux était chargé de l'entretien quotidien de toutes les habitations de l'Etaconval.

       Vue aérienne de l'Etaconval
Vue aérienne de l'Etaconval

D'autres bâtiments existaient un peu partout dans le quartier et particulièrement à l'emplacement actuel de la maison de Myriam Makeba et du terrain de sport. Ils étaient réservés aux militaires. Ces logements construits en briques non cuites et en paille n'ont pas résisté au temps. Il n'en reste pratiquement aucune trace sauf quelques fondations retrouvées à l'occasion de travaux.

A cette époque, les entrées dans le quartier étaient semble-t-il strictement contrôlées et toute personne devait se présenter à la case des entrées située à côté de l’actuelle mosquée du quartier.

L'ex Hôtel-Restaurant de l'Etoile était le mess des officiers. Il servait aussi de cantine pour les convalescents.

Ancien mess des officiers
Ancien mess des officiers

Aujourd'hui, "Le Chargeur" est devenu le quartier des cadres de l'administration; beaucoup y sont logés dans les maisons appartenant à l'Etat dont une partie sont les anciennes maisons des convalescents. Elles sont cependant de moins en moins nombreuses notamment du fait de leur ancienneté et de l'absence de rénovations.

C'est aussi un quartier de Dalaba où de nombreux cadres et/ou commerçants souhaitent et construisent des résidences principales et surtout secondaires. Si bien que le quartier s'étend rapidement vers le pied du Mont Tangama ainsi que vers le sud, en direction de la villa Sili. Un peu dans tous les sens à vrai dire ....

Depuis 2006, l'Institut Supérieur des Sciences et Médecine Vétérinaire s'est également implanté dans le quartier autour de ce qui fut le mess des officiers (voir ci dessus).

Le quartier regroupe par ailleurs, l'essentiel des structures touristiques locales : l'hôtel SIB, l'hôtel Tangama, l'auberge Seydi II, mais également le bureau de tourisme "ALDET" ainsi que le centre artisanal (construit mais pas encore inauguré).

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Au coeur du Fouta Djalon, épisode 5

Publié le par fouta-decouverte

Découvrez, en quelques images, DALABA, Préfecture au coeur du massif du Fouta Djalon.

Ici bat le coeur du Fouta !

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Le jardin Auguste Chevalier

Publié le par fouta-decouverte

Allée dans le jardin

Allée dans le jardin

Herboriste d'origine normande (né à DOMFRONT en 1873), Monsieur Chevalier eut une grande expérience de l'Afrique au cours de sa longue vie (1873 - 1956) et a ainsi laissé sa trace dans de nombreux pays, dont la Guinée et plus particulièrement à Dalaba.

Sa découverte de l'Afrique fut tout à fait involontaire mais semble avoir été une révélation pour ce jeune botaniste. En 1899, à l'âge de 26 ans, Monsieur Chevalier est désigné d'office pour accompagner une expédition militaire dans la boucle du Niger au Soudan pour une étude de la flore, des plantes à caoutchouc et du coton.

Après 16 mois de découvertes, les missions vont se succéder : Afrique Centrale française (1902-1904), Côte d'Ivoire et Gabon (1906-1913) avec un détour par la Guinée pour créer en 1907 un jardin expérimental qui deviendra "le Jardin A. Chevalier".

Octave Caille, qui accompagnait Chevalier lors de sa prospection dans le Fouta-Djalon, en commença l'installation vraisemblablement en 1908, grâce notamment à l'appui du gouverneur général Merlaud - Ponty.

Le choix du site pour ce jardin d'essai ne fut pas le résultat du hasard, comme le précise très clairement le texte ci-dessous :

Le jardin Auguste Chevalier
Le jardin Auguste Chevalier
Le jardin Auguste Chevalier

A partir de cette période sont alors réceptionnées puis plantées au Jardin de Dalaba, des graines et des plantes vivantes provenant du Muséum et des collectes réalisées par Chevalier au cours de ses voyages en AOF, AEF, …

Ainsi sont introduites dans cette partie de la Guinée, les principales espèces et variétés de caféïers, des arbres à quinquina, des girofliers et cannelliers, de grands bambous du genre Gigantochloa, même des pêchers et pommiers, de pins du Langbian, ainsi que de nombreux arbres fruitiers tropicaux.

Concernant plus particulièrement les pins (Pins d’Indochine), il semble qu’ils aient été introduits à partir de 1914 sous forme de semis. Voir le texte de A Chevalier ci-dessous : 

Le jardin Auguste Chevalier

Avec la guerre de 1914, malheureusement, le coup de grâce est porté au Jardin de Dalaba. Octave Caille est mobilisé et Chevalier se voit dans l'obligation de confier la garde de l'établissement au gouvernement de la Guinée.

Après guerre, le constat est amer :

Le jardin Auguste Chevalier
Le jardin Auguste Chevalier

Quelques années plus tard, en 1930, lorsque Chevalier revisitera le site, il déclarera : « Quelques unes des plantes que nous avons introduites, à grand peine, subsistent encore, mais le plus grand nombre ont disparu, et du grand effort qui avait été dépensé, il reste hélas peu de choses ! »

Concernant la période allant de la deuxième guerre mondiale à la fin de la 1ère République, les informations sont difficiles à trouver (lecteur : si vous en avez je suis intéressé !)

En 1958, le jardin a été rebaptisé "Jardin Barry Gassimou", à la mémoire d'un martyr de la Révolution.

Mais, dans les années 80, il a repris son nom d'origine (en tout cas, rares sont les personnes qui utilisent cette dernière dénomination).

Aujourd'hui en 2015, le jardin existe toujours et il est préservé en l'état.

On peut donc y voir les pins les plus anciens du Fouta mais aussi de vieux caféïers, théïers, canneliers, bambous de Chine, eucalyptus. Malheureusement, l'arbre du voyageur que l'on pouvait admirer dans le jardin a disparu depuis quelques années.

Une pépinière a été créée dans ce jardin; on y trouve essentiellement de jeunes plants de pins.

Au-delà du marigot (passer la digue en béton), les ruines d'anciennes cases rondes sont les témoins des festivités organisées au temps de feu le Président Sékou Touré.

Le site est très agréable pour des promenades pédestres le long de grandes allées bordées d'arbres. Idéal pour le pique-nique et la sieste.

L'occasion de passer un bon moment entre "Histoire et Géographie".

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Mama Afrika avait choisi Dalaba ...

Publié le par fouta-decouverte

Mama Afrika avait choisi Dalaba ...

" Quand le Président SékouTouré m'a demandé : " Si vous deviez venir vous installer en Guinée, où souhaiteriez vous rester ?" Je lui ai répondu que je choisirais la région de Dalaba. Car cela me rappelle beaucoup de choses de mon pays quand je suis là. "

Telles sont les paroles de Miriam Makeba que vous pouvez écouter (en anglais) dans la vidéo ci -dessous.

"A chaque fois que je reviens en Guinée, si je me rend à Dalaba, c'est ici que je reste (la villa Sili)" rajoute-t-elle un peu plus loin.

Miriam Makeba est venue pour la première fois en Guinée en 1967. Elle vivait alors aux Etats-Unis. Elle s'y installe à la fin des années 60, quand elle doit quitter les Etats-Unis, suite à son mariage avec l'un des leaders des Black Panthers.

Durant son séjour, elle enregistre de nombreux titres avec les meilleurs musiciens de Guinée. Elle apprend d'ailleurs plusieurs des langues locales et chante dans ces langues. L'album "The Guinea years" donne un aperçu de la diversité et de la richesse de sa création durant cette période.

Miriam M était très attachée à ce pays, et d'autant plus après le décès de sa fille Bongi en 1985 à Conakry.

Comme elle le dit elle-même : " Je ne pourrai jamais vraiment quitter ce pays, parce que j'ai perdu une partie de moi-même ici ".

Miriam se fait d'ailleurs construire une magnifique "case" à Dalaba, quartier du Chargeur, une manière de concrétiser ses paroles.

Cette maison, que l'on aperçoit à la fin de la vidéo, apparaît aujourd'hui comme le témoignage de l'amour que portait Miriam Makeba à cette région.

Malheureusement, elle est aujourd'hui à l'abandon, ou presque, comme le montre ces quelques photos.

Mama Afrika avait choisi Dalaba ...Mama Afrika avait choisi Dalaba ...Mama Afrika avait choisi Dalaba ...

Et pourtant, cet édifice pourrait, devrait être un écrin formidable pour honorer la mémoire de cette grande dame et faire découvrir aux jeunes générations, son histoire, son oeuvre.

Ainsi Miriam Makeba serait à jamais présente à Dalaba.

Avis aux mécènes et autres admirateurs de "Mama Afrika" !

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Aimé Victor, guide de trek au Fouta Djalon

Publié le par fouta-decouverte

" Aimé est un guide d'expérience qui a "appris" le Fouta au cours de plusieurs séjours de longue durée, qui connait chaque village, chaque tapade au coeur de ce massif montagneux. Il a su s'imprégner des coutumes peules et a découvert l'essentiel de la faune et de la flore locales. Il saura vous faire partager et découvrir les immenses richesses de cette magnifique région."

Tel aurait pu être le paragraphe de présentation d'un tour opérateur pour vanter les mérites de son guide spécialiste du Fouta.

"Aurait pu être " ... car Aimé Victor Olivier a certes bien existé, mais il n'était pas guide et il est décédé depuis un siècle ....

Et oui ! Aimé Victor Olivier comte de Sanderval était plus qu'un guide touristique. Il était ingénieur, explorateur/aventurier, quelque peu utopiste : il voulait devenir roi dans un royaume foutanien !

Il n'empêche, à lire ses récits d'exploration, à suivre son parcours à travers plaines et montagnes, on se prend à rêver de mettre nos pas dans les siens et de partir s'immerger en terre peule au coeur du Fouta Djalon.

Quelques extraits de ses écrits pour vous donner l'envie d'aller plus loin ....

" Ce sont les cases du chef, qui me reçoit .... De vrais palais de terre sèche et de bois dur, abrités sous leurs toitures de paille dorée. L'élégante courbure du toit de chaume est accentuée par de longs méridiens de roseaux, ....le vent ni la pluie ne l'entament "

Aimé Victor, guide de trek au Fouta Djalon

" Broual Tapais est au sommet d'une colline en forme de cône surmontée de magnifiques Benténiers (Fromagers), belle situation; une petite source, cause évidente de la formation de ce village entretient la vie sur ce site isolé au dessus de la plaine qu'il domine de tous les côtés. Belle vue sur les montagnes tourmentées, ..."

"Le plaisir de déjeuner dans la solitude .... Un fromage blanc mêlé de son petit lait, dans une fraîche calebasse blanche couverte de son léfa de paille tressée en élégants dessins, ... des bananes à point, d'un parfum capiteux, des oranges, un tas ....."

(extraits de "Kahel, carnet de voyage" par Olivier de Sanderval)

NB : ce carnet de voyage est disponible en lecture directe sur le site "Gallica".

Aimé Victor, guide de trek au Fouta Djalon

"Voici les chutes de Gongoré, les falaises de Doubbel, les forêts à singes de Poûkou ! Le vent était doux, le soleil gai. La brousse sentait fort le jasmin et le piment ... Il respirait mieux ... Encore une cascade, une lande, un vallon..."

(extrait de "Le roi de Kahel" de Tierno Monenembo)

NB : disponible en édition de poche "Points"

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La Villa Sili et la Case à palabres de Dalaba

Publié le par fouta-decouverte

La Villa Sili et la Case à palabres de Dalaba

En exclusivité, les premières photos du chantier de la Villa Sili et de la case à palabres de Dalaba.

La rénovation est bien avancée et les finitions en cours.

Que du bonheur de voir ce patrimoine historique préservé grâce à un financement de l'UNESCO.

Avant les travaux ...Avant les travaux ...
Avant les travaux ...Avant les travaux ...

Avant les travaux ...

Pendant et après les travauxPendant et après les travaux
Pendant et après les travauxPendant et après les travaux

Pendant et après les travaux

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Hôtel des Chargeurs / Hôtel du Fouta / Hôtel SIB à Dalaba

Publié le par fouta-decouverte

Hôtel des Chargeurs / Hôtel du Fouta / Hôtel SIB à Dalaba

Un seul et même site, trois "hôtels" :

L'hôtel des Chargeurs Réunis construits dans les années 30 :

A sa création, cet hôtel accueillait notamment les nombreux européens présents en Afrique de l'Ouest, qui trouvaient à Dalaba un climat et un cadre idéal pour le repos.

Au début de son activité, géré par la société des Chargeurs, il a par la suite été repris par l'Etat guinéen à l'indépendance : hôtel du Fouta. Il a fini par faire faillite dans les années 80.

Depuis 1995, un entrepreneur guinéen a repris l’hôtel (SIB hôtel) qui a fait l’objet d’une rénovation totale. Suite à la disparition de ce dernier, l'hôtel est géré actuellement par un de ses descendants.

Ruines de l'hôtel des Chargeurs Réunis en 1994, peu de temps avant le début des travaux :

Hôtel des Chargeurs / Hôtel du Fouta / Hôtel SIB à Dalaba
Hôtel des Chargeurs / Hôtel du Fouta / Hôtel SIB à DalabaHôtel des Chargeurs / Hôtel du Fouta / Hôtel SIB à DalabaHôtel des Chargeurs / Hôtel du Fouta / Hôtel SIB à Dalaba

Après rénovation, l'hôtel SIB :

Hôtel des Chargeurs / Hôtel du Fouta / Hôtel SIB à Dalaba
Hôtel des Chargeurs / Hôtel du Fouta / Hôtel SIB à DalabaHôtel des Chargeurs / Hôtel du Fouta / Hôtel SIB à DalabaHôtel des Chargeurs / Hôtel du Fouta / Hôtel SIB à Dalaba

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Fougoumba, capitale religieuse du Fouta théocratique

Publié le par fouta-decouverte

Fougoumba, capitale religieuse du Fouta théocratique

Le Fouta c'est aussi des sites historiques : un parmi d'autres,

le village de "Fougoumba".

" L’histoire de Fougoumba remonterait au 17ème siècle, période de grandes migrations, notamment des populations peules.

Fodé Seïri et Fodé Seïdi, deux frères descendants d’un certain Saïdouna Al Housseïni originaire du Madina, seraient arrivés dans la région actuelle du Fouta Djalon. D’après la tradition orale, le plus âgé des deux frères, Fodé Seïri, aurait fondé Fougoumba et son jeune frère, Timbo*.

Partis de Tissiti, ils auraient choisi ces deux villages après avoir vécu et enseigné le Coran dans la région du Labé actuel, de Bantignel et surtout de Pita.

Durant cette période, Fodé Seïri enseigna un certain Saïkou Abdoulaye Walan Bannaa qui à la fin de son apprentissage donna sa fille en mariage à son maître. De plus il lui offrit du bétail. Pour cela il l’amena à l’enclos où se trouvait son troupeau. Il lui dit alors que toutes les bêtes qui sortiraient par la porte ouest de l’enclos deviendraient sa propriété. Plusieurs dizaines de bêtes sortirent par cette porte et devinrent effectivement propriété de Fodé Seïri.

Au cours de cet épisode, le plus grand taureau du troupeau dit Fougou bloqua la porte de sa masse. Aussi Saïkou Abdoulaye Walan Bannaa décida de l’offrir en plus des autres bêtes à son Karamoko*.

Peu après ayant repris leur voyage, inspiré par la puissance divine, une prédiction fit comprendre au groupe des deux frères que là où se coucherait ce majestueux taureau Fougou, il devait s’installer et construire un village. C’est ce qu’ils firent. Le taureau s’étant couché sur une termitière (ba en poular), ils décidèrent de fonder un village à cet emplacement et de construire une mosquée (qui est toujours à la même place). D’où le nom de Fougoumba : Fougou du fait du taureau et Ba signifiant termitière. Les deux frères vécurent ainsi pendant trois années dans la zone. Fodé Seïri construisit sa première école coranique à Fougoumba et son frère dans le même temps fonda Timbo.

Plus tard ils décidèrent de repartir ensemble vers Tissiti leur pays d’origine.

Mais après un court séjour, ils revinrent au Fouta et c’est avec d’autres hommes illustres qu’ils pariticpèrent à l’islamisation des populations locales animistes.

Parmi ces hommes on peut citer : Saïkou Ibrahima Sambégou, fils de Karamoko Alpha, Saïkou Ibrahima Sory Pooré fils de Alpha Samba de Boriya, Saïkou Ousmane de Fougoumba, Saïkou de Kébali, Saïkou Amadou de Kankalabé, Saïkou Saliou Balla de Koïn, Saïkou Souleymane de Timbi Touni et Saïkou Mamadou Cellou de Labé.

Tous se réunissaient à Fougoumba pour discuter des meilleures méthodes pour islamiser les infidèles et entre autre celle de la Guerre Sainte.

Lors de la décision de la Guerre Sainte, les chefs religieux réunis à Fougoumba, se livrèrent à un exercice de tir à l’arc pour connaître quel serait l’issue de la guerre.

Ainsi ils trempèrent tous leur flèche dans un mélange d’eau et d’un produit préparé spécialement selon les écritures saintes du Coran.

Rendu à côté d’un grand arbre, chacun à son tour, ils lancèrent leur flèche vers l’arbre en commençant par l’aîné. Les neufs flèches ayant atteint le même trou sans l’agrandir, ils y virent l’assurance de la réussite de leur entreprise. La guerre fut donc déclenchée lors d’une saison sèche. Très rapidement les premières victoires sur les infidèles encouragèrent les musulmans à poursuivre leur action.

Après la victoire finale, les Karamokos se réunirent à Timbi pour élire le grand Almamy et ses conseillers. C’est Alpha Ibrahima Sambégou de Timbo qui fut choisi. Son couronnement eut lieu à Fougoumba.

L’Islam imposé dans le Fouta, neufs diwés* ou provinces furent créés. Ces neuf diwés étaient : Bhouriya, Fodé Hadji, Koïn, Labé, Fougoumba, Kébali, Kolladhé, Timbo, Kankalabé.

Fougoumba, capitale religieuse du Fouta théocratique

Quant au couronnement de l’Almamy, il devait se faire à Fougoumba. Il se déroulait dans la concession construite à côté de la mosquée (cette concession existe toujours, le doyen actuel de Fougoumba habite la case du couronnement où séjournait le nouvel Almamy pendant sa période de réclusion) et à la porte de la mosquée. Le futur Almamy était couronné de neuf turbans blancs représentant les neuf diwés. Le nouvel élu devait alors rester reclu pendant neuf jours dans la case du couronnement. Chaque jour on lui enlevait un turban jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’un. C’est ce turban que l’Almamy devait garder comme symbole de son pouvoir religieux. Il devait le porter en permanence la queue retombant sur le côté droit de sa poitrine et il était le seul à pouvoir porter le turban de cette façon.

Après son couronnement, l’Almamy se rendait à Timbo d’où il exerçait son pouvoir.

Fougoumba était donc la capitale religieuse du Fouta Djalon, lieu de couronnement mais aussi lieu d’inspiration et de ressourcement pour tout musulman ayant perdu la ligne générale de l’Islam et de ses principes.

Par ailleurs Fougoumba accueillait chaque année une conférence annuelle, qui devait durer trois mois et rassemblait l’ensemble des reprèsentants des Diwés. En effet chaque diwé était sous la responsabilité d’un chef, qui devait être reconnu à Fougoumba, l’Almamy étant le chef suprême de l’Etat Théocratique*. Cette conférence était donc l’occasion de débattre entre chefs des problèmes de la confédération et de prendre des décisions devant s’appliquer à l’ensemble des Diwés.

Fougoumba est aujourd’hui encore habité par les descendants de Fodé Seïri, les Séryankés. “Il n’y a pas d’étranger à Fougoumba”.

Fougoumba reste pour les musulmans du Fouta un haut lieu de la religion."

(texte rédigé d'après les témoignages des sages de Fougoumba)

Fougoumba, capitale religieuse du Fouta théocratique

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